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  • Photo du rédacteurJeanne Roy

Qu’est-ce qui est terrible? L’enfant de 2 ans qui dit non ou l’adulte qui ne comprend pas?

Les adultes sont habituellement informés qu’avec l’âge de 2 ans, vient l’étape de l’affirmation. La connaissance est là mais ce qui est encore dans l’air, c’est la notion du « terrible two ».


Les adultes et les parents d’aujourd’hui ont été confronté à une autorité du type : « tu fais ce que je te dis et tu ne discutes pas ». Cette autorité laisse des traces et quand arrive certaines étapes plus difficiles dans la vie de l’enfant, elle devient un modèle par défaut.


L’âge de 2 ans inquiète l’adulte (il en est de même pour l’âge de l’adolescence). Quand il dit non à l’enfant et que l’enfant lui dit non, l’adulte peut se sentir attaqué. Il le prend « personnel ». Quand l’adulte demande à l’enfant de se dépêcher parce qu’il a des obligations (travail, repas) et que l’enfant n’écoute pas, l’adulte bouillonne. Il ne comprend pas pourquoi l’enfant ne comprend pas ses contraintes. Après tout, « l’enfant doit apprendre que dans la vie, on ne peut pas faire tout ce qu’on veut et je dois, pour son bien, le forcer à accepter ». Il craint que l’enfant devienne capricieux, entêté voire mésadapté.


L’enfant, lui, ne comprend pas pourquoi l’adulte ne tient pas compte de son temps à lui (il est dans l’instant présent) et ne prend pas au sérieux ses obligations : jouer, faire des pirouettes, monter des blocs, regarder le soleil qui se cache et bien d’autres choses.


Pour rappel, à l’âge de 2 ans, l’enfant doit travailler à se différencier. Son enjeu peut se résumer ainsi : « je ne suis pas ma mère », « je ne suis pas mon père », « je suis moi mais qui suis-je »? L’enfant ne dit pas non à son parent mais dit oui à lui-même. Il cherche son « Je » et veut protéger son identité qui se développe. Il le fait en faisant des choix, en testant les différents « non » et en expérimentant ce qui lui convient. Il utilise les moyens de son âge : pas beaucoup de mots, beaucoup d’émotions à fleur de peau et beaucoup d’actions.


L’enfant de 2 ans doit affronter ce défi avec un cerveau en développement et ce n’est pas simple. Il a absolument besoin d’être soutenu pour traverser cette étape de vie. Mais comment?


Les paroles du type « Non, tu ne peux pas! Non, arrête maintenant, je n’ai pas le temps pour tes niaiseries! C’est moi qui décide, et tu fais ce que je te dis! » le perturbe. Depuis qu’il est tout petit, il entend qu’il doit être autonome (alors qu’il ne le peut pas) et quand il le peut, on lui dit que ce n’est pas comme ça. Avouez que c’est mêlant.


Les neurosciences nous apprennent que les ordres apportent un stress à l’enfant empêchant de ce fait, le cerveau pensant (néocortex) de s’activer. C’est une sorte de frein à la maturité. Alors que les choix et les expériences initiées par l’enfant permettent aux réseaux neuronaux d’établir des connexions dans le néocortex pour réfléchir, anticiper, décider et devenir responsable. Ces réseaux se forment et se consolident tout au long de l’enfance en lien avec les interactions et les expériences vécues par l’enfant.


Fort de cette connaissance, l’adulte est mieux outillé pour accompagner l’enfant. Il va continuer à faire des demandes et quelquefois, l’enfant va accepter tout simplement. D’autres fois, il va faire une demande et l’enfant va refuser. L’adulte peut décider de maintenir la demande et composer alors avec la frustration de l’enfant. Après tout l’enfant a ses motivations pour refuser et c’est choquant de ne pas être écouté.


L’adulte qui prend soin de la colère de l’enfant le rassure et favorise la maturité du cerveau pensant*. L’adulte peut aussi se rendre compte que sa demande ne correspond pas à l’âge de l’enfant. Il peut également accepter le point de vue de l’enfant et sa manière de faire. Enfin, l’adulte peut offrir des choix simples et adaptés et prendre le temps d’observer comment le cerveau de l’enfant se mobilise. Ainsi, enfant et adulte sont dans la collaboration et non dans la compétition.

Et ce qu’il y a de merveilleux, c’est que l’enfant se sent compris et peut continuer tranquillement à explorer son « Je ». Le «terrible two» n’a aucune chance d’apparaître.

Enfin, quand le « non » est respecté à l’âge de 2 ans, il sert de guide pour toute la vie. Il donne à l’enfant, à l’adolescent et à l’adulte, les moyens nécessaires pour préserver son identité « ressource des plus précieuses » et pour vivre dans le respect de soi, à la maison, à l’école, au travail, en amitié et en amour.



 


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